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Episode 3

Et en France…

A Paris, en 1964, Lionel Rocheman initie au Centre américain ce qui se fait depuis un moment aux Etats Unis, en réaction contre le showbiz : le hootenanny. Le principe est simple : une scène ouverte hebdomadaire sans sélection ni audition préalable. Tous les musiciens peuvent s’y produire.
C’est là que démarreront les grands noms du folk : Roger Mason et Steve Waring qui, à l’instar de Greame Allwright, adaptent en français les standards du folksong.
C’est eux aussi qui vont montrer aux jeunes français qu’apprendre à jouer d’un instrument n’est pas si compliqué et peut se faire en dehors du circuit conventionnel du conservatoire.

Tous les musiciens américains qui passent au hootenany racontent la même histoire : ils sont partis un beau jour guitare au dos à travers l’Amérique à la recherche de leurs racines musicales, ou bien ont écumé les archives. Tous ont trouvé des trésors !
Lionel Rocheman se persuade alors que si les américains ont pu renouer avec la tradition musicale de leurs campagnes, alors le même phénomène peut se passer en France. Il part donc en explorateur chez les libraires parisiens et trouve en effet un nombre impressionnant de recueils de chansons populaires et de recueils de partitions d’airs traditionnels.
Il sera suivi par les grandes figures françaises du folk qui vont partir collecter dans les campagnes françaises: Catherine Perrier, les musiciens du futur Bourdon, ceux du futur Mélusine, Alan Stivell.

Tout naturellement, les musiciens s’intéressent aux instruments traditionnels : l’épinette des Vosges, la vielle à roue, l’accordéon diatonique, les cornemuses, etc…

Les groupes comme Tri Yann et Malicorne allient dans un savant dosage les instruments traditionnels aux instruments modernes électriques.

La danse est d’abord à l’arrière plan des expériences musicales. Sa place va croître rapidement. Les premiers danseurs du mouvement folk inventent le concept du « bal folk », qui connaîtra un vif succès.

Et voilà. C’est ainsi que l’histoire s’est faite. Le mouvement de re-création s’est essoufflé dans les années 80, mais la pratique des musiques et danses issues de la tradition a perduré et retrouve la jeunesse qu’on lui connaît ces dernières années.

Pour terminer ce chapitre, voici, avec l’autorisation de son auteur, une vidéo fort intéressante qui montre et parle de Malicorne, film réalisé en 1976 par Albert Raisner qui illustre notre propos. Regardez le et écoutez le attentivement… c’est un morceau d’anthologie !

 

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