La tarantella est un mode d’expression artistique typique de l’Italie du Sud. Elle est caractérisée par un rythme effréné et une grande vitalité. Il faut, dit-on, en chercher les origines dans les cultes orgiastiques et initiateurs de l’Antiquité ainsi que dans les influences apportées par les visiteurs du pourtour méditerranéen… Nul n’a les moyens de vérifier cette affirmation …  …  …

La tarentella n'est pas une danse ou une musique, mais c'est en quelque sorte un nom générique qui définit l'ensemble des danses traditionnelles de l’Italie du sud.

Les tarentelles ont beaucoup de mélodies différentes, et portent des noms différents.

Elles ont cependant des éléments en commun : le rythme, provenant certainement de formes musicales très anciennes, certains phrasés musicaux, certains textes, bien qu’écrits dans des dialectes et des lieux différents.

Les distinctions se ressentent dans la danse et plus encore dans les chorégraphies. On voit la plupart des tarentelles dansées en rondes, mais aussi en couples, en quadrettes ou encore en lignes.

Dans sa forme actuelle la plus courante, il s'agit d'une danse de couple sur une musique de rythme 2/2 dont la rapidité augmente constamment. Elle est généralement accompagnée de castagnettes et d'un tambourin (tammorra).

Au Moyen Âge (et encore de nos jours dans quelques régions d'Italie) on pensait que danser en solo la tarentelle permettait de guérir une sorte de folie prétendument provoquée par la morsure de l'araignée la tarentule.

Voilà par exemple le nom de quelques tarantelles :

Pizzica Tammurriata

Tarantella montemaranese

Tarantella calabrese

Tarantella pugliese

Tarantella abruzzese

Tarantella del Gargano

Tarantella napoletana

Tarantella siciliana

Tarantella molisana

Tarantella lucana

La tarentelle des Pouilles, appelée pizzica ou pizzica pizzica est aujourd’hui connue pour avoir été le moyen principal de guérison du phénomène médico-socio-culturel appelé  Tarantismo.

Le rythme est effréné et endiablé ; les mélodies puissantes et entraînantes. Les coups des tambours et le bruit des cymbales se mêlent aux sons mélodiques des flûtes et des violons en donnant vie à d’anciennes sonorités qui ressuscitent les cultures et les peuples qui ont habité ces terres : grecs, arabes, albanais.

La pizzica est une danse sensuelle et symbolique qui, au rythme furieux du tambourin, incarne la passion, la joie de vivre, la créativité populaire et en même temps la douleur d’une existence vécue sur une terre à la fois belle et rude.

La pizzica peut être une danse gaie et ludique, mais elle est souvent sensuelle et peut devenir une danse de séduction. Le couple exprime sa passion dans un tourbillon de pas, de regards qui donnent vie à la danse sensuelle d’un couple dressé entre ciel et terre, entre symbolisme et passion, et dans laquelle la simple conquête d’un foulard peut représenter une conquête amoureuse.

La tarentelle de la région de Naples est plus connue sous le nom de Tammurriata à cause de son instrument symbole, la Tammorra (un énorme tambourin chargé de cymbales). Sa forme musicale est très simple, la mélodie est produite exclusivement par la voix. Le rythme, ainsi créé est frénétique et irrégulier, et se base sur les variations du chant.

La Tammurriata est une musique souvent liée à des rituels et à des fêtes religieuses, dans lesquelles la population se retrouve pour rendre hommage à la Madone, par le chant et la danse. Cette manifestation, tout comme la religion de ces terres a gardé un coté très païen, avec des mouvements à la fois agressifs et sensuels, qui rappellent les danses de séduction des oiseaux et des animaux.

U sonu a ballu (le son pour danser) représente un ensemble de tarentelles typiques de Calabre, dans lequel est représentée la grande variété des instruments utilisés dans les différentes provinces (cornemuses, flûtes, guitares battantes, lyres). On y décèle les influences grecques et albanaises. La danse est composée d’une suite très rapide de pas, des plus contenus pour les femmes, aux plus extravagants pour les hommes. Comme dans les autres tarentelles, un seul couple danse à la fois, dans un cercle formé par le public, les musiciens, qui participent en poussant des cris, en battant des mains et en chantant.

Merci à Simone Botasso qui nous a aidé à rédiger cet article en nous donnant quelques éléments précieux.
Merci aussi à Thierry et Gene pour leurs apports et leurs corrections.

 

Vous pouvez voir ci-dessous quelques images volées à deux danseurs de tamurriata à Vialfré en juin 2009. Nous ne leur avons pas demandé l’autorisation de publier cet extrait. Que la faute nous soit pardonnée ! Ils sont tellement beaux à voir !!… Nous n’avons pas pu résister à l’envie de partager cela avec vous.

 

Vous pouvez aussi apercevoir un petit extrait de tamurriata dansée par deux chanteuses d’Assurd, lors de leur concert à Saint Julien le 21 juin 2009 (cette fois avec leur autorisation)

 

Et puis enfin, en regardant les extraits du documentaire de Thierry Gentet, I cantori di Carpino, vous entendrez de la bouche même de ses acteurs quelques explications sur la pratique  de cette merveilleuse tarentelle en Italie du sud.